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archiCORPS, 10 series de 6 photographies.

La ville, par définition, déborde d'habitants qui la traverse et qui sont traversés par elle. Peuplant ces espaces urbains sont les citadins, mais aussi l'architecture de la ville elle-même : bâtiments, rues, trottoirs. Et, à un niveau de détail plus réduit, l'œil peut découvrir tuyaux, poignets de porte, déchets…

Dans la juxtaposition de ces détails, l'architecture des bâtiments prend vie, devient corps vivant, en mouvement et en évolution, malgré son poids si bien ancré au sol. Le regard tourné vers le haut, vers le bas ou fixé sur un fragment, c'est l'ensemble de ces points de vue qui révèle la rue dans ce qu'elle a de plus essentielle.

Si l'œil parcourt cette architecture, c'est le corps du passant qui la touche. Nos gestes se réalisent, vont se réaliser ou ont déjà laissé leur trace. Nous n'habitons pas simplement dans la ville avec son architecture vivante, nous dansons avec elle dans un rythme réciproque.

A travers les 10 séries, ArchiCorps explore cette problématique.

Hillary Goidell

 

"…Il est certain que toute image, la plus sèche, la plus banale, arrive transposée sur l'écran. Le plus petit détail, l'objet le plus insignifiant prennent un sens et une vie qui leur appartiennent en propre. Et ce, en dehors de la valeur de signification des images elles-mêmes, en dehors de la pensée qu'elles traduisent, du symbole qu'elles constituent. Par le fait que [le cinéma] isole les objets il leur donne une vie à part qui tend de plus en plus à devenir indépendante et à se détacher du sens ordinaire de ces objets. Un feuillage, une bouteille, une main, etc. vivent d'une vie quasi animale, et qui ne demande qu'être utilisée."

-Antonin Artaud, Sorcellerie et cinéma, 1949

 



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