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LES RECLAMES MURALES A PARIS



Il y a encore cinquante ans, les murs pignons de la capitale étaient couverts de gigantesques publicités peintes vantant les mérités de marques de cirage, de chocolat ou d'apéritifs. Cette tradition du mur peint n'a pas disparu, mais elle n'a plus de but publicitaire.

Ces murs réclames, toile de fond des grands événements de l'histoire de la capitale (il suffit de voir des photos des manifestations du Front populaire, de l'occupation de l'armée allemande ou encore des événements de mai 68), ont aujourd'hui pratiquement disparu du paysage urbain. Il en subsiste encore quelques traces, comme des fantômes du siècle dernier (les Américains appellent d'ailleurs ces publicités des Ghost Ads, publicités fantômes).

Histoire des murs réclames

Avec l'industrialisation et la concurrence qui en découle, le commerçant est amené, dans la première moitié du XIXe siècle, à peindre des réclames pour sa boutique dans les environs de celle-ci pour indiquer sa localisation au passant. Dès 1842, apparaissent les première compagnies d'affichage et en 1852, les pouvoirs publics décident de taxer les affiches peintes.

C'est à partir des années 1860 que se développe le mur peint, d'une part parce que les travaux d'Haussmann ont dégagé de nombreux murs pignons et d'autre part parce que les grands magasins, en pleine croissance à l'époque, ont besoin de campagnes publicitaires durables et monumentales.

Bientôt, les produits alimentaires et les boissons suivent l'exemple des grands magasins.

Les pouvoirs publics sont doublement intéressés par le développement de l'affichage peint. D'abord parce qu'ils percoivent des impôts (droit de timbre de l'Etat et droit de voirie de certaines municipalités, dont Paris). Ensuite parce que la ville est propriétaire des murs pignons et cède donc en concession leur usage à des fins publicitaires à des compagnies d'affichage. Dufayel, une des plus importantes, sera le concessionnaire de la ville de Paris jusqu'en 1900.


Les réclames d'apéritifs


Les apéritifs, populaires dès la deuxième moitié du XIXe siècle, sont un emblème du mur réclame. Ce média plus que tout autre, permettait aux fabriquants d'atteindre leurs objectifs publicitaires, puisque pour eux il s'agissait bien plus d'assurer la notoriété du produit que d'en vanter les mérites et faire ainsi en sorte que le consommateur ait en tête le nom de l'apéritif au moment de commander. Le mur réclame, grâce à sa visibilité et à sa durabilité, était donc l'idéal. Ce sont d'ailleurs les fabriquants d'apéritifs qui ont fait évoluer le graphisme du mur réclame: à l'origine, celui-ci suivait le modèle de l'affiche imprimée et l'artisan donnait la priorité à l'illustration plus qu'à la marque, à la demande des fabriquants d'apéritifs, la marque prend toute la place et n'est parfois même pas accompagnée d'un slogan. Ces fabriquants, qui se livraient une concurrence farouche, pouvaient consacrer dans certains cas plus du quart du chiffre d'affaire aux dépenses de commercialisation et de publicité.

On distingue trois types d'apéritifs: les vins aromatisés (Dubonnet, byrrh, Saint-Raphaël), les boissons à la gentiane (Suze) et les boissons anisées (Ricard). Ricard, premier pastis français, est la seule de ces grandes marques à avoir ignoré le mur peint comme média publicitaire, préférant une communication à échelle plus réduite (sponsoring de concours de boules, de courses cyclistes; objets-réclame de toute sorte: verres, carafes, casquettes).


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