Au
tournant du siècle, l'Europe et ses capitales dominent le monde:
Londres est la capitale financière mondiale, Berlin, la capitale
scientifique, et Paris s'affirme comme le foyer principal des contacts
internationaux. La France de la Belle Epoque est en pleine croissance
économique, après plusieurs années de crise et elle
a pu exalter lors de l'Exposition universelle de 1900 à Paris sa
richesse et sa créativité.
Une
métropole moderne, mais encore misérable
Paris
est une métropole moderne, avec un réseau de transport dense,
des chaussées et des trottoirs en bon état, un mobilier
urbain diversifié et un éclairage public efficace. Les travaux
d'Haussmann s'achèvent tout juste (la rue Réaumur n'est
terminée qu'en 1895) et ont donné à Paris un nouveau
visage : la ville est désormais parcourue de larges voies qui ont
remplacé les rues sombres et tortueuses héritées
du moyen âge.
Charles Marville,
vers 1865
Mais
c’est aussi une ville misérable, avec ses taudis, où
se propagent de mortelles maladies infectieuses, notamment dans le centre
historique de Paris. Des centaines d’immeubles historiques, insalubres,
seront détruits à partir de 1902. La périphérie
de Paris, la « zone », abrite des populations misérables
habitant des bidonvilles.
Eugène Atget, 1895
La
rue, scène de la concurrence commerciale
La
fin du XIXe siècle voit l'avènement du premier règne
du consommateur. L'industrialisation et le développement du commerce
international permettent d’offrir aux consommateurs des «
nouveautés » toujours plus nombreuses et variées.
La concurrence est vive, d’autant plus que dans la capitale traverse
des difficultés économiques dans les premières décennies
de la IIIe République.
Les grands magasins et les enseignes à uccursales se disputent
les clients à coup de réclames gigantesques peintes sur
les murs. Les petits commerçants résistent et utilisent
le moindre espace de la façade de l' immeuble où se trouveleur
boutique pour y faire peindre avec de larges lettres des messages signalant
l'existence de leur commerce.
La
publicité est donc présente partout dans la rue : sur les
murs, les façades et sur les colonnes Morris. Il en résulte
une profusion de messages graphiques, de lettres et d'images, inimaginables
aujourd'hui.
Union
Photographie Universelle
Paris
en chiffres (1911)
Paris
intra muros compte 2 846 986 habitants (soit 800 000
de plus qu’aujourd’hui) et 3 350 000 si on lui adjoint la
banlieue, ce qui en fait la ville la plus peuplée d’Europe
après Londres.
On y recense 250 000 véhicules, dont 165 000 bicyclettes,
14 000 fiacres, 50 000 automobiles et 10 000 voitures à bras. Les
Parisiens peuvent emprunter sept lignes de métropolitain et c’est
déjà à l’époque le moyen de transport
public le plus important.
La capitale est riche, puisqu’elle concentre 27% de la richesse
nationale, mais les inégalités sociales y sont
criantes : selon une classification de l’époque, 73% des
Parisiens sont pauvres ou indigents et le taux de mortalité
infantile atteint en moyenne 277 pour 1000 (il est aujourd’hui
de 6 pour 1000). En outre, 42% des Parisiens vivent dans des logements
surpeuplés.